Crise agricole

crise-agricoleL’agriculture française est en crise et nombre d’agriculteurs ne font plus face aux lourds endettements qu’ils ont contractés sur les conseils des Chambres d’Agricultures et grâce aux aides financières et fiscales de l’État. Tout cela dans le cadre d’une politique qui a été depuis le début une façon de soutenir indirectement l’industrie agro-alimentaire.

Cette aventure arrive à son terme ; les innombrables subventions n’arrivent plus à cacher une réalité : le modèle agricole chimico-intensif arrive dans une impasse, il est temps de faire le bilan et de voir ce qui peut être fait pour « sauver les meubles ». Certes la productivité a fortement augmenté grâce à la mécanisation et à la chimie, et permis d’offrir une abondance de produits à des prix abordables mais leurs coûts réels sont cachés : +10 milliards d’€ de subventions, l’environnement totalement pollué, les ressources en eau potable touchées, des coûts de dépollution par dizaines de milliards et surtout des coûts de santé qui explosent.

L’avenir ? La France ne peut plus être compétitive sur les marchés internationaux sur des productions basiques produites à grande échelle. Marc Dufumier* le dit : « ..nos blés à 90 quintaux à l’hectare, coûteux en engrais de synthèse et produits pesticides, sont menacés par la concurrence des blés à 30 quintaux produits dans les immenses domaines roumains et ukrainiens… ». Sans parler des monocultures de céréales sud américaines produites sur des fermes de plus de 100.000 hectares !

Il faut repenser le modèle en termes de coûts globaux incluant donc les coûts cachés, dépollution et santé, en soutenant la production de produits sains et un environnement de qualité, des revenus corrects aux producteurs (en rémunérant aussi leur fonction environnementale), en rapprochant les productions des consommateurs et en taxant les produits étrangers et français contenant des pesticides car ils génèrent des coûts de santé exorbitants.