Fusion Bayer-Monsanto : vers un monopole de l’agro-business

Bayer-MonsantoLe chimiste allemand Bayer et le chimiste américain Monsanto ont signé un protocole de fusion afin de regrouper leurs puissantes activités : produits chimiques, pesticides, semences OGM, etc.

Les deux groupes entendent « former un leader mondial de l’agriculture« . Le nouveau groupe issu de cette fusion disposera d’une capacité de recherche inégalée, d’une offre globale pour les exploitants agricoles et d’une capacité technique, financière et commerciale susceptible d’écraser les principaux concurrents. Une fusion n’est pas un rachat, ce qui signifie qu’on ne sait pas vraiment qui sera à la manœuvre ultérieurement, les allemands ou les américains ? Cette fusion, prévue définitivement pour 2017, doit obtenir l’aval des autorités de la concurrence en Europe et aux Etats-Unis.

Il s’agit d’une stratégie hégémonique avec, au cœur de celle-ci, la maîtrise de la production de semences OGM dûment brevetées, maïs, coton, colza, soja, blé, etc, le but étant de contrôler à terme la production alimentaire mondiale. Cette opération, si elle est autorisée, est très inquiétante pour de nombreuses raisons : monopole vis à vis des agriculteurs, renforcement du système de production agricole basé sur la chimie et le brevetage du vivant, contrôle des filières agroalimentaires, et même pouvoir sur les États quant à leurs politiques agricoles et environnementales. En France la Confédération Paysanne s’alarme, réclamant un refus de cette fusion par les autorités, certains députés européens sont dans la même démarche et interpellent la Commission.