Colmar : la Justice donne raison aux faucheurs volontaires

En 2010, 54 faucheurs volontaires avaient détruit une vigne transgénique plantée à l’air libre, au motif des risques de diffusion de ses gènes modifiés dans le vignoble. Plainte et procès avaient succédé à cette destruction. La cour d’appel de Colmar donne raison aux faucheurs et déboutent ainsi les plaignants, l’INRA* principalement.

Les juges ont étayés leur jugement car ils ont estimé, contrairement à l’INRA et au Ministère de la Recherche, que des études scientifiques avaient bien mis en avant les risques de diffusion de ce gène étranger à la vigne, destiné à lutter contre le « court-noué », une maladie provoquée par de minuscules vers. La position des faucheurs, et de nombre de spécialistes de la vigne, était de dire que l’on pouvait, par sélection de plants, obtenir la même protection sans mettre en danger de mutation générique le vignoble français.

Le monde scientifique concerné se divise et les tenants des techniques OGM se déchaînent contre la décision de la cour d’appel de Colmar. Pour eux, la Justice ne va pas dans le sens du progrès et la ministre de la Recherche fait entendre sa voix pour se joindre à cette critique, méprisant ainsi le principe de séparation des pouvoirs. Ils estiment que toutes les sécurités avaient été prises pour éviter tout risque, ce que contestent les faucheurs arguant des études faites… par l’INRA lui-même ! On comprend mal d’ailleurs, sans être spécialiste, pourquoi cet institut national n’applique pas les normes de prudence, tel les essais sous confinement, qu’il préconise ? Mystère.

En parallèle, observons que les ventes de vins issus de raisins cultivés biologiquement progressent plus que les ventes des vins protégés par de très nombreux traitements chimiques. Et que les propriétaires de grands crus s’y intéressent de plus en plus, certains n’hésitant pas à s’engager dans la voie de la Biodynamie.

INRA : Institut National pour la Recherche Agronomique