Début 2014, les producteurs français des filières viandes ont lancé un nouveau (simili ?) label : « Viandes de France », histoire de pallier au flou artistique sur la provenance des viandes et les scandales qui en ont découlé.
Mais les choses ne sont pas si claires que l’on pourrait le souhaiter : si l’origine, la traçabilité, le respect des normes sanitaires semblent garantis par le logo (rappelons que ce n’est que le simple respect de la réglementation depuis 2002 : Règlement (CE) n° 178/2002), d’autres aspects le sont moins.
« Viandes de France » annonce des « modes de production respectueux du consommateur, de l’environnement et du bien-être des animaux ». Ces concepts ne correspondent à rien de précis, voire pire, en effet, rien n’est annoncé pour remettre en question les élevages surnuméraires, les traitements prophylactiques et, parfois, les mutilations et les maltraitances. On se contente du respect des normes officielles plus que compréhensives avec l’élevage industriel.
Tout cela semble correspondre plus à de la communication qu’à une tentative d’évolution du traitement des animaux destinés à la consommation. Pire, une telle opération ne peut que faire de l’ombre à ceux des producteurs français qui utilisent des méthodes respectueuses de leurs animaux, de l’environnement et de la santé, il en existe beaucoup mais qui ne sont pas forcément en mesure d’investir dans ce genre de plan de communication.
Cela dit, certains producteurs durables ou bio pourront peut-être profiter de ce « logo-label » ajoutant de la confusion à l’ambiguïté. Il sera difficile aux consommateurs de faire la différence au moment de l’achat en magasin.
La réalité du terrain est que la profession d’éleveur a de multiples aspects qualitatifs impliquant de multiples méthodes, plus ou moins saines et plus ou moins respectueuses des animaux, et que les consommateurs ont de plus en plus de mal à s’y retrouver. Nombreux sont ceux, quand ils le peuvent, qui se tournent vers l’achat direct de proximité à la ferme, mais, là encore, il n’est pas toujours évident de savoir ce que l’on achète… la ferme n’est pas un « label » en soi et mieux vaut interroger sérieusement le producteur : est-il bio, durable, comment vivent les animaux, comment traite-il ceux-ci, etc. La santé est à ce prix.


