Un viticulteur bio de Côte d’Or condamné pour avoir refusé de traiter ses vignes aux pesticides

Après la découverte de foyers de la maladie de la vigne près de Beaune, le préfet avait imposé aux viticulteurs du territoire, en juin 2013, de traiter avec un pesticide ad hoc tous les vignobles du département contre la cicadelle, l’insecte qui répand une maladie, la « flavescence dorée ». Emmanuel Giboulot, viticulteur expérimenté, avait refusé tout traitement sur les dix hectares qu’il exploite selon les principes de la biodynamie*. Il a même refusé certaines préparations à base de pyrèthre, « insectide » naturel utilisé notamment par les vignerons Bio, estimant que sa méthode de travail lui permettait une auto-défense de sa vigne contre les agressions : insectes ravageurs, maladies, etc.

Après un contrôle de la Direction régionale de l’agriculture, Emmanuel Giboulot a été convoqué devant la justice. A l’audience du 24 février, une amende de 1.000 euros, pour moitié avec sursis, avait été requise contre lui. Le parquet avait mis en avant le non-respect de l’arrêté préfectoral imposant de traiter contre l’insecte ravageur toutes les vignes de Côte-d’Or. La « flavescence dorée », cette maladie de la vigne, très contagieuse, apparue en 1949, touche une partie importante du vignoble français, selon l’autorité administrative, même si l’on constate que l’arrachage de vignes a été fort limité dans les années 2012-13 .

D’un côté, le viticulteur a été largement soutenu par beaucoup de personnes sensibles à sa démarche, considérant là une sorte d’ineptie administrative puisqu’il avait démontré l’efficacité de sa méthode naturelle de travail, de l’autre il a eu contre lui les viticulteurs de sa région, inquiets pour leur vignes habituées aux traitements chimiques*, y compris nombre de bio pour des raisons quelque peu obscures. La Justice, hésitant à prendre une décision pouvant faire jurisprudence, a décidé in fine de le condamner à 500 € d’amende… avec sursis ! Emmanuel Giboulot et ses soutiens se battaient, non pour 500€ mais pour le principe de liberté et celui de l’affirmation d’une technique efficace, respectueuse de l’environnement. En resteront-ils là ? Affaire à suivre. Mais cette affaire interpelle tout le monde.

Biodynamie :  la biodynamie s’attache tout particulièrement au fonctionnement biologique des sols et des végétaux et cherche avant tout l’amélioration de la qualité des produits

Pesticides : la viticulture française consomme 20% des pesticides agricoles avec moins de 5% de surface de culture, soit une consommation à l’hectare cinq fois plus importante que le reste du monde agricole