Toujours plus de pesticides !

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Hausse de 9,2% des pesticides entre 2012 et 2013 ; le plan Ecophyto 2018, qui prévoyait une réduction de 50% entre 2008 et 2018, a du plomb dans l’aile. Le rapport du député Dominique Potier remis en décembre au premier ministre est un constat d’échec : «…le recours aux produits phytosanitaires a augmenté de 5% en moyenne annuelle entre 2009 et 2013 et de 9,2% entre 2012 et 2013..» admet le ministère de l’Agriculture. En fait la profession agricole n’a pas joué le jeu.

Le plan Ecophyto consistait à sensibiliser les utilisateurs de pesticides, principalement les agriculteurs, 80% des pesticides utilisés, pour réduire de 50% leur emploi grâce à des formations coûteuses en argent public. Mais ils n’ont rien changé à leurs habitudes et pour cause, l’utilisation des pesticides dépend directement des choix des cultures, eux-mêmes dépendant des cours et des subventions ! C’est ce que le rapport Potier constate. Il constate aussi que la recherche et l’innovation en matière d’alternatives aux pesticides accuse un retard important. Selon lui, elle doit se concentrer sur la lutte contre les adventices*, les variétés résistantes, le bio-contrôle et l’agro-équipement, toutes choses oubliées dans le plan actuel.

Que fait-on quand on échoue ? Change-t-on de méthode ? Par exemple en jouant sur les subventions accordées pour orienter les choix des cultures ? Non. Le député propose de repousser à 2025 l’objectif de réduction à 50 %. Gageons que d’ici 5 ans, on constatera un nouvel échec et que l’on proposera de repousser à 2050. C’est tellement plus facile que de remettre en question un modèle agricole polluant l’environnement et qui affecte la santé publique. Mais on n’oublie pas la communication : le ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a annoncé une nouvelle version d’Ecophyto axée sur l’agro-écologie* le 30 janvier. A ce sujet le député conteste les prévisions du ministre sur son évaluation de la future conversion d’une majorité d’exploitations. De toutes façons se sont les exploitants agricoles et la FNSEA qui décideront.

Ainsi va notre pays dans lequel moins de 150.000 exploitants* agricoles imposent leurs vues à 66 millions de citoyens qui, en plus d’en supporter les conséquences dans leurs vies, subventionnent l’essentiel des revenus des premiers et payent des milliards pour la dépollution et pour les traitements des maladies induites !

Adventices : plantes sauvages qui poussent dans un endroit non désiré et appelées aussi « mauvaises herbes »
Agro-écologie : concept qui sous-entend une utilisation réduite de la chimie dans la production agricole et des pratiques plus respectueuses des sols et de l’environnement.
exploitations agricoles : il reste environ 300.000 exploitations professionnelles dont environ la moitié sont dans une démarche chimico-intensive ayant des conséquences néfastes sur l’environnement.