Cet important sujet, les pesticides, qui touche à la biodiversité mais aussi à la qualité de nos eaux et à notre santé n’inspire pas certains élus qui réclament la suppression des zones tampons pour permettre aux exploitants agricoles d’épandre les pesticides jusqu’au bord des cours d’eau et à proximité des habitations.
C’est ainsi que le Président du Conseil Départemental de Vendée, qui semble totalement ignorer les obligations européennes*, avait écrit à la Ministre de l’Environnement pour lui demander de supprimer les zones tampons. Le fait a été rapporté par le journal La Vendée Agricole du 21 octobre 2016. Citons ce responsable : « ….je vous demande de surseoir au projet de zone non traitée... ». Par delà les arguments qu’il développe, T&R constate sur le fond que l’intérêt sanitaire des populations ne pèse pas lourd face à l’intérêt particulier d’une partie du monde agricole demandeuse de déréglementation et utilisatrice de pesticides. Il est vrai que celle-ci, bien que peu importante en pourcentage de la population, pèse d’un poids certain dans les élections territoriales : 31.000 exploitations agricoles en Pays de Loire en 2014 soit moins de 2 % de la population mais 20 % des communes ont un maire agriculteur !
Il semble qu’ils aient été en partie entendus, lui et la FNSEA, puisque le projet d’arrêté supprime la protection des riverains mais laisse quand même la protection des cours d’eau. Le gouvernement a fait plaisir à tout le monde. L’histoire jugera.
*Directive n° 2009/128/CE du 21/10/09 : Le milieu aquatique est particulièrement sensible aux pesticides. Il est par conséquent nécessaire de veiller tout particulièrement à éviter la pollution des eaux de surface ou souterraines par des mesures appropriées telles que la mise en place de zones tampons et de zones de sauvegarde ou la plantation de haies le long des cours d’eau afin de réduire l’exposition des masses d’eaux aux pesticides…
*Règlement (CE) N° 1107/2009 : Le présent règlement a pour objet de garantir un niveau élevé de protection de la santé humaine et animale et de l’environnement… Il convient d’accorder une attention particulière à la protection des groupes vulnérables de la population, notamment les femmes enceintes, les nourrissons et les enfants. Le principe de précaution devrait être appliqué et le présent règlement devrait assurer que l’industrie démontre que les substances ou produits fabriqués ou mis sur le marché n’ont aucun effet nocif sur la santé humaine ou animale ni aucun effet inacceptable sur l’environnement.


