Le Journal de l’Environnement rapporte un article de la revue « Nature »* qui évoque une étude récente sur le problème de l’assèchement des nappes d’eau souterraines dans de nombreux pays du fait de la mondialisation du commerce des produits agricoles.
Des scientifiques ont comparé les volumes d’eau prélevés dans les nappes souterraines pour des cultures intensives par rapport au taux de recharge naturelle en eau de ces nappes, le constat est inquiétant : le taux de prélèvement non soutenable (GWD – GroundWater Depletion) s’est intensifié de 22% en seulement 10 ans, passant de 240 km3 à 292 km3. Particulièrement en Chine (+102%), aux Etats-Unis (+31%) et en Inde (+23%) ; les niveaux dans les nappes sont donc en train de baisser, de quoi menacer non seulement la pérennité de la ressource aquatique pour les locaux mais aussi la sécurité alimentaire locale et mondial puisque la capacité de production des produits agricoles va baisser inéluctablement et, last but not least, : « Si les réserves d’eau s’épuisent, le prix de la nourriture va augmenter, ce qui va toucher l’ensemble de la population mondiale» (Carole Dalin, de l’université de Londres – pilote de l’étude).
La plus forte pression sur les eaux souterraines se trouve en Inde (blé et riz surtout), au Pakistan et aux Etats-Unis, tous trois grands pays exportateurs de denrées alimentaires. Dans certains endroits le volume d’eau pompé dans les nappes est 50 fois supérieur au volume de la recharge naturelle par les pluies ! Même si une partie de l’eau servant à l’irrigation retourne dans le sous-sol, l’essentiel va dans les cultures et s’évapore lors des arrosages. Les cultures trop gourmandes en eau sont le blé(22%), le riz (17%), la canne à sucre (7%), le coton (7%) et le maïs* (5%), etc. A cela s’ajoute la croissance de la consommation de viande dans le Monde grande consommatrice d’eau (15 tonnes d’eau par kg de viande bovine!).
maïs : en France, compte tenu de la période de culture, l’été, et de nos climats régionaux, il est en tête du classement (5000 m³ par hectare/année, essentiellement l’été grâce à l’irrigation, donc au pompage), alors que le blé est une culture d’hiver qui bénéficie des pluies de saison.


