Glyphosate : ça continu !

pesticidesEn 2015 l’OMS* a classé le glyphosate, cette molécule défoliante, comme potentiellement cancérigène suite à ces centaines d’études le démontrant. Cela n’a pas empêché les instances sanitaires européennes de renouveler l’autorisation de cette substance jusqu’à fin 2016 le temps de nouvelles études.

Le 15 mars 2017, l’Agence Européenne des Produits Chimiques (ECHA) annonçait qu’elle jugeait le glyphosate non cancérigène, deux jours avant que la Justice fédérale américaine déclassifie des courriers internes de la firme Monsanto, le producteur du Roundup au glyphosate, dans lesquels la firme elle-même s’inquiétait des conséquences mutagènes de ce produit ! Rarement une telle situation aura mis autant à mal les décisions d’une agence officielle, en l’occurrence l’ECHA, et démontré ainsi le peu de sérieux, pour ne pas dire plus, de sa décision ; les citoyens de l’Union apprécieront.

En effet, pas de chance pour Monsanto et pour l’ECHA, la décision de la Justice Fédérale fait suite au procès intenté par plusieurs centaines de travailleurs agricoles touchés par un lymphome non hodgkinien (cancer du sang) dans le cadre d’une procédure type « class action * » qui s’appuyait sur un avis rendu en mars 2015 par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC), organisme filiale de l’OMS, les plaignants attribuant leur maladie au contact prolongé avec le glyphosate de Monsanto.

Toujours dans ce cadre judiciaire, les archives déclassifiées ont montré que Monsanto avait bénéficié de connivences au sein de l’Agence de Protection de l’Environnement (EPA), chargée aux Etats-Unis d’évaluer la sûreté du glyphosate. On retrouve en cela les mêmes comportements de scientifiques dont les intérêts personnels sont souvent liés, intellectuellement ou pécuniairement, à certains groupes, tel Monsanto.

OMS : Organisation Mondiale de la Santé
Class action : action judiciaire de groupe s’appuyant sur la plainte d’un grand nombre de personnes