L’Ineris* apporte la preuve de la pollution des milieux aquatiques terrestres par des microplastiques.

Le problèmes est connu au niveau des océans où il est question de « nouveaux continents » constitués par les déchets, de plastique notamment. Des  études avaient déjà mis en évidence la présence de microplastiques dans les cours d’eau (eau et/ou sédiment) mais n’avaient pas retrouvé ces contaminants dans les poissons. L’espèce étudiée par l’Ineris, le goujon, se nourrit essentiellement dans les sédiments et les graviers, ce qui l’expose aux microplastiques concentrés dans les limons.

L’étude de l’Ineris démontre la contamination des milieux aquatiques par les microplastiques contenant des phtalates et, via la chaîne alimentaire, l’exposition des poissons à cette pollution. Par contre, elle ne dit rien sur les conséquences biologiques de cette contamination sur l’espèce, ce qui nécessiterait des études complémentaires. Malgré cela, les études épidémiologiques sur les humains montrant aujourd’hui les conséquences des perturbateurs endocriniens que sont les phtalates contenus dans les plastiques, on peut penser que les espèces aquatiques en supportent les effets. Depuis de nombreuses années déjà, des pêches électriques effectuées dans des rivières françaises ont permis de constater des atteintes au dimorphisme* sexuel chez certains poissons ; on a suspecté les pesticides et les métaux lourds, on peut ajouter les microplastiques. Ils proviendraient principalement des eaux usées venant des stations d’épuration qui charrient les fibres synthétiques issues des vêtements lavés en machine…entre autres.

Ineris : Institut national de l’environnement et des risques
dimorphisme : différence morphologique et sexuelle. L’atteinte est une confusion génétique de ces caractères qui différencient normalement les mâles et les femelles. d