La loi sur l’Eau impose la continuité écologique*, pourtant c’est en contradiction totale avec les textes que va se construire une retenue d’eau sur la rivière Tescou, affluent du Tarn, dans sa partie sauvage, boisée et préservée (Znieff*), à environ 10 km de Gaillac dans le Tarn. Le but de ce barrage est d’alimenter les irrigants qui pourront développer la maïsiculture, elle-même grande destructrice de la biodiversité.
On le sait, depuis 2 ans, de nombreux opposants se sont mobilisés pour s’opposer à juste titre à ce projet et il y a eu des échauffourées avec la Police qui semble avoir employé des moyens disproportionnés ! Un drame s’est produit sur place. Les personnes qui viennent manifester le font avec de solides arguments :
- le non-respect de la loi (DCE et LEMA)* censée protéger ce cours d’eau classé* (art. L 1241-17 du Code de l’environnement) et ce territoire naturel classé en Znieff*
- la destruction de bois classés dont le déclassement ne peut se faire, normalement, que pour une raison d’intérêt public
- le non-respect d’un art de vivre rural avec son agriculture traditionnelle respectueuse des paysages et de la biodiversité
- le refus du financement public (8,4 M€) pour une agriculture intensive déjà largement subventionnée qui participe à la dégradation de la biodiversité et de l’eau
Comme tant d’autres, ce projet a bénéficié de dérogations diverses touchant la flore et la faune. Ces dérogations ont été accordées au motif que : « ce site semble pouvoir mieux supporter ce projet que les autres sites potentiels » ! L’administration peut tout justifier et rares sont les juges administratifs qui lui donneront tort quand il vient aux opposants l’idée d’aller en justice.
Grâce à la mobilisation médiatisée des opposants, les français sont informés de ce dossier mais combien d’autres projets destructeurs de l’environnement sont autorisés sans que le public s’en rende compte. Comment qualifier cette démocratie où il faut manifester pour avoir une (petite)chance que soient respectés le droit et l’intérêt général ? Le résultat de ce système est que, petit à petit, notre espace naturel se réduit et la dégradation de l’air, de l’eau et celle de la santé publique se poursuivent. Le résultat est une exaspération de la population.
Continuité écologique : obligation de laisser la biodiversité animale et les sédiments circuler dans un cours d’eau ZNIEFF : zone naturelles d’intérêt écologique faunistique et floristique DCE et LEMA : directive cadre sur l’eau et loi sur l’eau et les milieux aquatiques classement des cours d’eau : par rapport aux enjeux environnementaux, 2 classes, 1 et 2. La classe 1 interdit tout nouvel obstacle sur le cours, la classe 2 impose le respect de la continuité écologique. « Curieusement » le Tescou a été classé en 2 mais cela s’arrête… au pied du futur barrage ! L’amont n’a pas été classé ce qui permet de ne pas respecter la continuité écologique.


