Médicaments, l’invisible pollution de l’eau

SI ExifLa première « conférence internationale sur les résidus de médicaments dans l’environnement » s’est tenue en août à Paris. Quelque 250 chercheurs ont fait le point sur l’état de la recherche en la matière.

Antidépresseurs, antibiotiques, anti-inflammatoires, anticancéreux, produits de contrastes utilisés dans l’imagerie médicale, etc, finissent dans la nature et notamment dans l’eau des rivières à la sortie des stations d’épuration où ces produits, issus des rejets humains, ne sont pas traités. Captée plus loin, cette eau servira à alimenter nos robinets et, malgré les traitements, contiendra nombre de ces molécules, transformant l’eau de consommation en médicaments !

Ségolène Royal, ministre de l’Environnement, en a profité pour annoncer le lancement d’un «plan micropolluants » 2016-2021. Objectif : protéger les eaux souterraines et de surface en réduisant les émissions à la source, et aider la recherche à mieux connaître et estimer les dangers que représentent les micro-polluants, soit plus de 100.000 molécules différentes dont 4.000 médicaments. Problème immense auquel s’ajoute celui de « l’effet cocktail » car toutes ces molécules, à faibles doses certes, se retrouvent mélangées dans l’eau que nous buvons.

Les experts prônent à la fois une certaine inquiétude et, en même temps, le refus de s’affoler car, pour eux, les concentrations en micro-polluants dans nos eaux de robinets sont très faibles et, en grande partie, éliminées par nos organismes. Cela dit le décret de 2001 et suivants sur les eaux de consommation humaine n’impose aucune analyse des résidus de médicaments. En fait ce que nous savons, comme disait Socrate, c’est que nous ne savons pas !