Certaines zones, tels des marais de bord de mer, font l’objet d’une attention particulière dans la lutte contre les moustiques. Les collectivités territoriales ont mis en place des procédures de démoustication qui semblent ne présenter que des avantages pour les estivants : peu de moustiques pour les piquer à l’heure de l’apéritif !
La technique utilisée est celle de l’épandage d’un bacille, le Bacillus thuringiensis israelensis (Bti), dont les propriétés insecticides sont connues depuis des années (découvert en 1901). On épand donc dans ces zones, au moment opportun, ce bacille qui va s’attaquer aux larves de moustiques, car il synthétise et excrète un cristal protéique qui détruit l’intestin de certains insectes. Cette méthode d’éradication des moustiques est considérée comme biologique ; on peut d’ailleurs acheter sa boîte de Bti dans les jardineries !
Malheureusement les choses ne sont pas si simples. Le Bti s’attaque aussi à d’autres larves, telles celles des lépidoptères* et des coléoptères*, ce qui fait que ce ne sont pas les seules populations de moustiques qui disparaissent mais nombre d’insectes qui étaient la nourriture habituelle des oiseaux. Ainsi, peu de moustiques égale peu d’oiseaux.
Les soucis ne s’arrête pas là. Des scientifiques mettent en avant depuis des années les différents risques de cette pratique : même si sa durée de vie est limitée, la surdensité du bacille lui permettrait de passer ses gènes dans d’autres organismes, des plantes notamment qui produisent alors des toxines tuant les insectes (cas de maïs américains qui détruisent les papillons!). En fait ces plantes deviennent des OGM sans le savoir ! Et le risque pour l’homme n’est pas neutre, le Bti pourrait agir sur le système pulmonaire et le cerveau ; c’est en tous cas ce que certaines études démontrent.
*papillons et coccinelles par exemple


