Pesticides et santé

Les études épidémiologiques engagées sur le continent américain ont mis en avant l’implication des pesticides dans diverses pathologies dont certaines graves, que cela soit pour les professionnels qui manipulent ces produits, le public qui peut être exposé et notamment les femmes enceintes ou chez les jeunes enfants.

Avec retard, la DGS* a sollicité l’Inserm* pour connaître son appréciation sur ces études et donner un avis sur les risques. Constitué d’une groupe pluridisciplinaire d’experts, les données recueillies ont permis à l’Inserm de conclure : « il semble exister une association ‘positive’ entre l’exposition professionnelle aux pesticides et certaines pathologies : Parkinson, cancer de la prostate et certains lymphomes. Par ailleurs, l’exposition aux pesticides intervenant au cours de la période prénatale ainsi que la petite enfance semble être particulièrement à risque pour le développement de l’enfant ». Une telle conclusion justifierait de prendre des mesures immédiates de précaution ; on est est loin.

Les pesticides sont présents partout : La plupart des villes traitent la voirie avec ces produits et chacun les respire. En campagne les agriculteurs traitent leurs parcelles et leurs voisins les respirent, que dire des viticulteurs qui utilisent 20% du tonnage total de pesticides agricoles sur seulement 4% de la surface agricole ? On comprend pourquoi les ventes de vin Bio progressent fortement car les consommateurs prennent conscience des risques.

En plus de les respirer, nous les mangeons : fruits et légumes contiennent souvent ces molécules chimiques de synthèse et plusieurs procès ont eu lieu entre les producteurs et l’association Générations Futures qui a publié des résultats d’analyses qui le démontraient. Nous les buvons aussi dans les eaux de robinets qui contiennent de très nombreux pesticides, certains interdits depuis longtemps. Certes, la plupart du temps leurs présences ne dépassent pas les normes autorisées (LMR) mais nous savons peu de choses sur l’action de doses infinitésimales, sur l’effet de l’accumulation et sur le fameux effet « cocktail ». A ce sujet, l’Inserm reconnaît « ne pas être en mesure de conclure, ce qui ne veut pas dire qu’il n’y a pas de risque » !

Pour nos concitoyens, l’impression est forte qu’on ne peut rien faire, la rançon du progrès en quelque sorte. Il est essentiel d’affirmer que cette résignation n’est pas digne d’une démocratie vivante. Le public a en mains le pouvoir de contester en refusant d’acheter les produits contaminés, en consommant Bio et en protestant auprès des maires qui oublient d’informer leurs administrés des résultats des analyses d’eau… malgré la loi qui l’impose.

DGS : Direction Générale de la Santé Inserm : Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale LMR : Limite Maximale de Résidus