Energie : en Allemagne, les subventions vont diminuer

Le ministre allemand de l’Economie et de l’Energie veut tailler dès cette année dans les subventions aux énergies renouvelables, lesquelles doivent cependant rester le pilier de la transition énergétique du pays. La transition énergétique, malgré la refonte paradoxale du soutien aux renouvelables, reste cependant l’un des principaux chantiers du gouvernement de coalition.

Les subventions à l’éolien terrestre doivent être abaissées et celles à la biomasse, dont la méthanisation, pratiquement disparaître. L’installation de nouvelles capacités d’éolien terrestre et d’énergie solaire ne doit pas excéder 2.500 mégawatts chaque année pour chaque secteur. Le gouvernement allemand veut aussi introduire graduellement des mécanismes de marché dans ce secteur en forçant, à partir de l’an prochain, les producteurs d’énergies renouvelables à vendre eux-mêmes leur courant sur le marché. En plus, à partir de 2017, le montant des subventions pour les renouvelables tiendra compte des prix de vente de l’énergie défini par un système d’appel d’offre qui mettra les producteurs en concurrence. Le gouvernement allemand escompte donc un double phénomène : la baisse des tarifs pour les consommateurs et la baisse des subventions.

Paradoxalement toujours, l’Allemagne veut assurer d’ici 2050 80% de sa consommation d’électricité par des renouvelables, contre environ 25% actuellement. Malgré cet objectif, enviable pour nous français, l’opposition Verte et les acteurs de la filière des énergies renouvelables ont critiqué les projets du gouvernement. Ils sont inquiets de ces apparentes contradictions. Car il est vrai que, jusqu’à présent, les tarifs allemands de l’énergie sont largement plus élevés qu’en France, mais les factures individuelles ne le sont pas grâce aux efforts d’isolation des logements entamés il y a longtemps en Allemagne. La France, elle, a choisi, en privilégiant EDF, de soutenir les prix bas pour les consommateurs par des subventions importantes pour la production d’énergie nucléaire (une commission d’enquête parlementaire vient d’être mise en place) financées par l’impôt, favorisant totalement cette filière liée à l’arme atomique.

En Allemagne, avec l’arrêt progressif du nucléaire pour la production d’électricité et les énormes efforts financiers engagés jusqu’à présent sur le renouvelable, mais aussi sur les centrales thermiques, la situation est très différente de celle de la France. Notre pays devra revoir ses tarifs à la hausse pour les consommateurs si il veut diminuer les subventions à EDF. Résultat probable à terme : nos deux pays auront à peu près les mêmes tarifs pour l’électricité (en hausse pour nous) avec, en Allemagne une énergie en majorité renouvelable, en France essentiellement nucléaire. Belle manœuvre du puissant lobby d’EDF-Areva !