Pesticides : de curieuses pratiques

L’association Générations Futures (GF) indiquait en janvier avoir découvert de bien curieuses pratiques concernant les statistiques d’utilisation des pesticides en France. Voilà les faits tels que rapportés par GF :

En décembre, le ministre de l’Agriculture, Monsieur LeFoll, annonçait une baisse de 5,7% de l’usage des pesticides en 2012 ( donc avec 1 an de retard) et saluait ces résultats « très encourageants ». On comprend pourquoi puisque le plan Ecophyto 2018, programme coûteux de formation des utilisateurs de pesticides, qui prévoit la diminution de 50% de la consommation des produits phytosanitaires, est un échec à ce jour. Cette annonce changeait la donne et semblait offrir, enfin, des perspectives.

Hélas pour le ministre, GF découvrait quelques jours plus tard que les statistiques claironnées par le ministre étaient fausses ! Information confirmée par le journal le Monde. Il apparaît que les chiffres utilisés « oubliaient » des quantités vendues en utilisant des données erronées ou incomplètes, on ne sait exactement. En fait il y aurait eu une augmentation en 2012 par rapport à 2011 ! A cela s’ajoute le fait que le ministre avait mis en avant une baisse de 30% de produits cancérigènes et mutagènes de type 2 mais que ses services ont , là encore, « oublié » certains produits. Cette autre affirmation était donc aussi fausse que la première. Bref, pour GF, un véritable tour de passe-passe.

Les gestionnaires de ces statistiques mettent en avant des problèmes de calendrier dans les déclarations mais GF conteste, affirmant que le ministère avait tous les éléments nécessaire pour une juste appréciation, cela en temps et en heure. On s’interroge : le ministre a-t-il été le dupe de ses services ou non ? Dans un cas les responsables devraient être sanctionnés, dans l’autre Monsieur LeFoll devrait, a minima, s’excuser. GF indique « qu’il n’est pas acceptable que la volonté politicienne de pouvoir annoncer un soi-disant succès l’ait emporté sur la réalité ».

Quels que soient les coupables, on peut imaginer que les mauvais résultats d’Ecophyto 2018, programme destiné surtout au monde agricole (environ 80% des pesticides utilisés en France), ont pu poussé certains vers des pratiques mensongères. Cette affaire montre une fois de plus : que le monde agricole chimico-productiviste répugne à changer ses pratiques et que cette grave question, touchant à la santé publique, n’est pas une priorité pour nos politiques, quels qu’ils soient.