Le ministre LeFoll inaugure

Le ministre de l’Agriculture vient d’inaugurer une nouvelle installation de méthanisation industrielle à Mortagne sur Sèvre, dans le bocage vendéen, illustrant ainsi le dogme du ministère « 1000 méthanisations en France ».
Pourtant ces installations, financées essentiellement par l’argent public pour l’investissement et l’exploitation, ne sont peut-être pas aussi vertueuses pour les sols qu’on veut bien nous le dire. Le déchet en sortie d’installation, appelé « digestat liquide », qui est épandu, n’améliore pas la valeur organique des terres agricoles, au contraire si l’on entend les arguments d’éminents spécialistes tel Jacques Fuchs en Suisse qui affirme qu’il acidifie les sols et diminue la présence d’humus. Or le rôle hydraulique des sols (retenue de l’eau restituée en période sèche, filtrage de la pollution agricole, etc) est directement lié à la qualité organique des sols. Celle-ci facilite pourtant la croissance des plantes, limitant le recours à l’engrais.
Il est vrai que, depuis des décennies, la question des sols n’intéresse pas grand monde, à commencer par les exploitants eux-mêmes convaincus que la terre n’est qu’un support et que la fertilisation chimique et organique peut seule assurer les rendements. Pourtant nombre d’agriculteurs des pays en voie de développement s’intéressent à l’approche inverse (cf.Claude et Lydia Bourguignon) qui consiste à entretenir le taux de matière organique et d’humus dans les sols pour diminuer la fertilisation coûteuse et assurer de bons rendements pour des produits de qualité.