Ces derniers jours, la ministre de la transition écologique a avancé un coût des canicules à répétition pour la France de 10 à 15 milliards d’euros. Elle précise néanmoins que ce chiffre comprenant les coûts directs et indirects est à prendre avec beaucoup de précautions. Elle n’a sans doute pas tort. Parmi les nombreux domaines impactés à la fois par la chaleur et la sécheresse, je pense plus particulièrement aux coûts environnementaux. Personnellement j’aurais beaucoup de mal à mettre un nombre sur les pertes écologiques tant celles-ci sont incommensurables. Certaines seront vraisemblablement définitives, du moins pour toutes les espèces végétales ou animales dont le mode de vie est incompatible avec la hausse des températures. Comment évaluer la disparition de ces écosystèmes dont nous avons pris conscience il y a peu « qu’ils n’avaient pas de prix ».
Certaines restaurations ont également besoin de temps long. Je me demande par exemple comment retrouver une faune et une flore aquatiques durables si nos cours d’eau subissent des assecs à répétition ? Comment remédier aux pertes forestières si la température ne permet plus la reprise des jeunes plants ou la bonne implantation des semis ? Choisir des essences plus adaptées aux températures élevées ne sera pas suffisant.
Sans doute serons-nous tentés de retrouver ce que l’on a perdu en y consacrant des sommes colossales… mais pour quel résultat ? Aujourd’hui il ne s’agit plus seulement de faire le bilan et de réparer comme nous nous sommes habitués à le faire depuis des décennies face à des bouleversements plus accidentels… mais de nous adapter et de changer, car le climat ne nous laisse plus le choix. C’est à ce changement environnemental qu’il faut se préparer désormais, et cela bien qu’il nous en coûte… et non pas « quoi qu’il nous en coûte ».
Patrice – Pays de Chantonnay – Vendée



