L’augmentation du méthane, plus de 10 millions de tonnes par an dans l’atmosphère est inquiétante. Les raisons sont biogéniques : 30 % (élevages), 4 % (déchets), 42 % (réchauffement permafrost et marais), feux naturels ou non 5 % et fossiles : 19 % (carburants et chauffage), le tout supérieur à la capacité de résorption de la planète.
Étude : http://www.globalcarbonatlas.org/en/content/welcome-carbon-atlas
Les émissions biogéniques sont la part la plus importante et vont augmenter, notamment à cause d’une population mondiale qui consomme de plus en plus de viande : autour de 300 millions de tonnes de viande soit près de 4 fois ce qui était consommé il y a 50 ans, plus de 1,7 milliards d’animaux abattus qui ont produit 9 fois plus de déchets organiques que les humains, soit 30 % du méthane émis mondialement.
Ce méthane a un fort potentiel de réchauffement climatique, 28 fois celui du CO2. Les concentrations en méthane dans l’atmosphère sont deux fois et demie plus fortes que ce qu’elles étaient avant le début de la révolution industrielle. Après une stabilisation au début des années 2000, elles sont reparties à la hausse depuis 2007, avec une nette accélération en 2014, confirmée en 2015. Il s’agit d’une machine infernale : le réchauffement climatique provoque celui d’une quantité croissante de permafrost*, le permafrost en dégelant libère des quantités très importantes de méthane. Et ainsi de suite…
La courte durée de vie dans l’atmosphère (10 ans environ) offre une opportunité d’atténuation du changement climatique si nous savons réduire ses émissions. Il est donc essentiel de développer rapidement de nouvelles techniques agricoles et industrielles permettant d’éviter la production de méthane ou de le récupérer. La réduction de la consommation de viande devient une priorité absolue. Pour rester dans la limite des 2 °C d’augmentation de la température moyenne planétaire, il faut agir sur le CO2, qui représente l’essentiel des GES* mais surtout sur le méthane car la réponse climatique sera plus rapide.
Permafrost : terres gelées des contrées arctiques et antarctiques.
GES : Gaz à Effet de Serre


