Face aux inquiétudes de la société française pour la qualité de son alimentation et ses attentes pour la santé et la protection de l’environnement, le gouvernement français lançait il y a un an un projet de transformation de l’agriculture : « le projet agro-écologique pour la France ». Projet visant à soutenir le «verdissement » des pratiques agricoles pour diminuer l’importante pollution issue des pratiques chimico-intensives.
Mais ce projet initial a dérivé sous l’influence du lobby de la filière chimico-agroalimentaire, il devient aujourd’hui incohérent* voire pire, une manœuvre : négociant les derniers ajustements techniques de la PAC à Bruxelles, le ministère prépare une « certification environnementale » prévoyant que la monoculture de maïs serait compatible avec le verdissement et que des cultures utilisant pesticides et engrais minéraux rentreraient dans les surfaces d’intérêt écologique ! De telles méthodes n’ont clairement rien d’agro-écologique mais sont, a contrario, à l’origine de la pollution des cours d’eau français et de la mauvaise qualité de notre alimentation. Et le relèvement des seuils de contrôle pour les installations des élevages industriels augmente l’impact sur l’environnement de ces techniques consommatrices de produits vétérinaires et sources de rejets de déchets animaux surnuméraires !
Le développement hyper subventionné de la méthanisation (1000 méthaniseurs pour la France !) ne vise pas à orienter ces systèmes vers une véritable agro-écologie. Le but annoncé serait de décharger les excédents azotés de l’élevage industriel vers des zones de cultures intensives ; illusion de technocrates ou manipulation de la FNSEA ! En réalité, comme c’est déjà le cas en Allemagne, ces usines à gaz appauvriront les sols en carbone, les fragilisant, et généreront de nouvelles pollutions par l’ammoniac ou le dioxyde d’azote.
Si le gouvernement français veut défendre son projet agro-écologique, il doit d’abord viser à sa cohérence avec les vraies attentes de la société française, c’est-à-dire prioriser et soutenir :
des pratiques agricoles compatibles avec le respect de l’environnement
des pratiques agricoles assurant une alimentation de qualité améliorant la santé du public
des pratiques agricoles prenant en compte les aspects sociaux, revivifiant le territoire rural
*une lettre ouverte a été envoyée au Ministre signée par :
René BECKER, Président de Terre de Liens
Allain BOUGRAIN DUBOURG, Président de la LPO
Jean-Marc BUREAU, Président de la FNCIVAM
Benoît DROUIN, Président du Réseau Agriculture Durable
Nicolas HULOT, Président de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme
Stéphen KERCKOVE, Délégué général d’Agir Pour l’Environnement
Jacques MARET, administrateur de E3D
Stéphanie PAGEOT, Présidente de la FNAB
Pierre PERBOS, Président du Réseau Action Climat
Laurent PINATEL, Porte-parole de la Confédération Paysanne
Xavier POUX, Administrateur du Forum Européen pour la protection de la nature et le
pastoralisme
Joseph RACAPE, Administrateur de Dossiers et Débats pour un Développement Durable (4D)
François VEILLERETTE, Porte-parole de Générations Futures


