La CLCV claque la porte du Comité national de l’eau

L’association de défense des consommateurs CLCV a annoncé le 19 mars qu’elle suspendait sa participation au Comité National de l’Eau (CNE), dénonçant un « manque de transparence et de démocratie ». Organe consultatif attaché au ministère de l’Environnement, le CNE, est constitué de représentants des collectivités locales, des professionnels usagers de l’eau, des associations de protection de l’environnement, des associations de consommateurs, de l’Etat et de ses établissements publics. Il est chargé de mettre en place la feuille de route pour la transition écologique dans le domaine de l’eau.

« Des dysfonctionnements perturbent gravement le bon déroulement des travaux engagés et empêchent une participation satisfaisante des acteurs », pointe la CLCV dans un communiqué. Elle déplore « une succession de groupes de travail et de commissions au rythme difficilement soutenable, des convocations suivies de contre-ordres, des communications d’ordres du jour incomplets, des envois trop tardifs ou partiels de documents de travail, des défaillances dans le partage des informations et dans la gestion des réunions ». Visiblement, un grand désordre semble régner dans cet organisme voire au ministère qui le pilote…
« Face aux pressions des lobbies industriels et agricoles auxquelles certains élus sont parfois plus sensibles qu’à l’intérêt général, et lasse de ne pouvoir faire entendre les intérêts des consommateurs domestiques, la CLCV, très impliquée sur le terrain et dans les diverses instances de concertation, a décidé de suspendre sa participation au Comité national de l’eau », justifie l’organisation dans son communiqué. Qualifiant le Comité national de l’eau de « bateau ivre », elle appelle l’Etat à « reprendre la barre de cette instance » pour que « tous les acteurs puissent y jouer démocratiquement leur rôle ».

Pour T&R, cet évènement et les remarques de la CLCV nous font penser à cette propension si française de mettre en place des commissions ad hoc sur tous les sujets, réunissant des foules de gens et qui débouchent souvent sur peu de changements. Histoire de noyer le poisson… comme ironisait le Général De Gaulle en parlant des « comités Théodule » si inutiles selon lui !